Donner un second souffle à la municipalité

PierrevilleLyne Boisvert et André Descôteaux, respectivement directrice générale et maire de Pierreville.

PAR FRANÇOIS BEAUDREAU  — Pierreville va en appel de projets pour l'église Saint-Thomas et veut se départir de deux immeubles dans le secteur Notre-Dame.

Le conseil municipal a décidé d'aller de l'avant dans ces deux dossiers, compte tenu des recommandations élaborées au terme de la Journée Forum citoyen.

Cette rencontre, rappelons-le, avait eu lieu au Centre communautaire, le 18 octobre dernier, et avait réuni plus d'une soixantaine de personnes venues pour discuter de plusieurs enjeux municipaux.

« Le conseil a pris en considération les recommandations exprimées pendant la Journée Forum. Les citoyens ne veulent plus faire vivre l'immeuble. Ils veulent en arriver à une solution », explique le maire de Pierreville, André Descôteaux, en entrevue.

Les élus municipaux ont donc convenu de lancer un appel de projets concernant le terrain et le bâtiment de l'église Saint-Thomas.

Le conseil examinera les propositions reçues, d'ici le 12 août prochain. Les promoteurs intéressés doivent proposer un projet qui participe à la valorisation du site et au développement de ce secteur.

« Nous espérons donner un second souffle à Pierreville, avec la revalorisation de ce secteur », souligne le maire.

L'administration municipale a également annoncé son intention de mettre fin au bail avec la Fabrique, qui utilisait le bâtiment pour son lieu de culte, à partir du 1er octobre 2015.

En plus de lancer un appel de projets, et toujours sur la base des avis entendus à la Journée Forum citoyen, le conseil municipal a décidé de procéder à la vente de deux de ses bâtiments.

« Les gens qui vivent dans le secteur Notre-Dame ne sont pas prêts à investir 40 000 $ ou plus pour la salle municipale. Même chose pour la bibliothèque », précise Lyne Boisvert, directrice générale de Pierreville.

Les personnes intéressées sont invitées à déposer leur offre à l'hôtel de ville avant le 9 septembre prochain.

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LA TRIBUNE LIBRE

L'Enfant d'avril ou
la victoire de la vie sur la mort

Par Lionel Émard, prêtre

Dans la Bible, on raconte qu'un homme, nommé Job, fut éprouvé, mais pas à peu près; ses « amis » ayant appris la nouvelle « s'assirent à terre près de lui, ils restèrent ainsi durant sept jours et sept nuits. Aucun ne lui adressa la parole au spectacle d'une si grande douleur. »

Après ces sept jours de prostration, Job ouvrit enfin la bouche pour crier: « Périsse le jour qui me vit naître et la nuit qui annonça: ‘Un garçon vient d'être conçu.' » Il s'ensuit un dialogue entre Job et les trois « amis ». À la fin, Dieu intervient pour dire à ses défenseurs: « Ma colère s'est enflammée contre vous, car vous n'avez pas parlé de moi avec droiture comme l'a fait Job. » (Jb 1,1; 42, 7)

La citation de la Bible est longue, il valait la peine de la citer car elle peut aider le lecteur du témoignage de Katherine Girard, L'Enfant d'avril (1), à lire correctement ce témoignage. Si les « amis » de Job s'étaient contentés de rester assis près de lui et s'être tus, ils auraient fait oeuvre utile pour Job; mais non, ils ont voulu se faire les défenseurs de Dieu, comme si Dieu n'était pas capable de se défendre tout seul. Laissons Dieu se défendre seul quand ceux qui souffrent lèvent le poing contre lui.

À ceux qui se serviront du témoignage de Katherine Girard pour promouvoir leur combat contre l'avortement, je dis simplement: « Vous me dégoûtez »; elle-même nous dit pourquoi elle a écrit son témoignage: « Je veux donc sensibiliser les gens aux maladies héréditaires récessives présentes au sein de la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean et à l'importance du dépistage génétique précoce. » (p. 14) Elle reprendra cette affirmation aux pages 252-253 en ajoutant: « pour que personne ne se retrouve plus dans la situation que j'ai vécue. » À propos de ce dépistage précoce, Katherine Girard fait une belle réflexion éthico-philosophique qui situe les véritables enjeux de cette décision (pp 228-235)

Une fois la lecture entreprise, on ne peut plus s'arrêter, non pas parce qu'on veut savoir ce qui va arriver par la suite, car comment s'arrêter avec des yeux embués de larmes avec des personnes qu'on aime déjà sans avoir jamais vues et ne verront jamais sans doute ?

Katherine Girard a une plume extraordinaire; nous la suivons dans ses déchirements, dans ses sauts d'humeurs, ses réflexions ou réactions vis-à-vis certains spécialistes; jamais nous sentons chez-elle une haine viscérale envers ceux et celles qui la bousculent; mais par contre que de délicatesse chez ces personnes qui saisissent sa souffrance, son désarroi; comment ne pas être ému lorsqu'elle décrit sa « Rencontre avec la psychologue du village » (pp 195-200). Il y a d'abord ces mots que la psychologue adresse à Katherine: « Ce n'était pas un foetus malade, Katherine. C'était ton fils. Tu l'aimais, tu l'avais désiré et il est mort. Personne ne pourra jamais le remplacer. » Et cette scène finale: « Je me lève et serre la psychologue dans mes bras. Je lui dis merci. Des larmes s'échappent de ses yeux bleus. On dirait qu'elle me comprend. » (p. 199) À lire ces lignes, on se met à croire à nouveau en l'humanité.

Ce n'est pas seulement à l'humanité que nous commençons à croire, mais également à la vie; cette foutue de vie plus forte que la mort; Katherine Girard s'interroge elle-même sur cette puissance de la vie qui va la faire désirer et avoir une autre enfant après tout ce qu'elle a vécu avec la mort de son deuxième enfant. Dans son chapitre « La mère orpheline et la mère courage » (pp. 257-263), Katherine Girard pose une question qui taraudera l'humanité jusqu'à la fin: « Mais comment peut-on accepter l'idée que l'enfant qu'on a mis au monde va souffrir, qu'il va mourir ? Comment accepter que l'enfant qu'on a mis au monde va mourir un jour parce qu'on l'a mis au monde ? » (p. 258)

Katherine Girard a côtoyé la vie et la mort dès sa petite enfance, elle en écrit pas moins: « Le but de la vie, c'est de tenir son enfant par la main jusqu'à ce qu'il ait besoin de la lâcher, c'est d'amener son enfant à vous laisser derrière en toute confiance. À s'engager seul sur le chemin qui mène au néant. » (p. 258)

L'Enfant d'avril, un témoignage qui mérite d'être lu et relu.

(1) GIRARD. Katherine. L'enfant d'avril. Préface de Pierre Lavoie. Les éditions JCL, Chicoutimi, 2015, 275p.

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SPORTS

Une route sans fin

Une activité qui représente plus qu'un long parcours en vélo pour des jeunes en difficulté.

Une route sans finNathalie Garon, directrice du programme Jeunesse-famille du CIUSSS MCQ et Stéphan Généreux, membre du comité organisateur et chef de service.

PAR FRANÇOIS BEAUDREAU  — Plus de cent trente participants des régions du Centre-du-Québec et de la Mauricie ont enfourché leur bicyclette, le 5 juin dernier, pour prendre part au défi « Une route sans fin » pour inviter les jeunes qui bénéficient des services des centres jeunesse à se dépasser.

Les participants réunissaient des jeunes en difficulté et des intervenants. Ils sont partis de Bécancour en matinée pour se rendre jusqu'à Drummondville en après-midi, soit un parcours totalisant 83 kilomètres. Toutefois, les organisateurs avaient également prévu des trajets moins longs pour accommoder les participants plus jeunes.

Le groupe de cyclistes a fait un arrêt à Pierreville pour la pause du dîner, au Centre communautaire. C'est là que nous avons rencontré Nathalie Garon, directrice du programme Jeunesse-famille du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, le CIUSSS MCQ.

« C'est important de croire en notre jeunesse comme c'est important que les jeunes croient en eux. Le défi « Une route sans fin » existe depuis onze ans pour amener les jeunes à développer leur confiance et à se remettre en forme », explique Mme Garon.

À travers le Québec, plus de mille jeunes cyclistes, qui ont vécu des problématiques nécessitant l'intervention du Directeur de la protection de la jeunesse, ont accepté de relever ce défi.

« L'effort, la pluie, le froid, tout cela fait partie du défi que les jeunes relèvent pour se surpasser », poursuit Mme Garon.

Pour ces jeunes qui ont un lourd passé, le défi représente plus qu'une activité de vélo; il est synonyme de réussite, persévérance, confiance et de saines habitudes de vie.