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LA TRIBUNE LIBRE

Urgence ! Les femmes et les filles victimes de violences sexuelles attendent toujours ...

Les délais d'attente imposés par le gouvernement québécois à l'endroit du fléau de la violence sexuelle nous inquiètent.

Par Jocelyne Desjardins, intervenante sociale, CALACS La Passerelle [30/06/2016]

Trois ans et trois consultations sont passés depuis que le deuxième plan d'action gouvernemental en matière d'agression sexuelle 2008-2013 est échu.

Plus de trois ans également, que le gouvernement promet un plan d'action en matière d'exploitation sexuelle. Le CALACS La Passerelle, centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, tout comme le Regroupement québécois des CALACS, déplore la lenteur administrative qui laisse planer le doute sur l'importance qu'accorde réellement le gouvernement à ce fléau social d'envergure.

Le risque de se faire agresser sexuellement pour une femme ou une fille est toujours bien réel – 1 sur 3 au Québec. Pourtant, de moins en moins de victimes se tournent vers le système judiciaire, soit seulement 5 % en 2013-2014 selon Statistiques Canada. Or, le gouvernement ne semble réagir qu'aux cas qui sont médiatisés, particulièrement ceux qui mettent en lumière l'inaction de celui-ci. Pensons notamment aux femmes autochtones de Val D'or dont les accusés sont des employés de l'État, ou encore aux jeunes fugueuses victimes d'exploitation sexuelle. Malheureusement, ce ne sont pas des cas isolés : les milliers de dévoilements via la campagne #AgressionNonDénoncée en témoignent.

La sortie de la Stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer les violences sexuelles 2016-2021 était prévue ce printemps selon le gouvernement. Après autant de temps de travail et d'attente, nous espérons que la Stratégie intégrera les recommandations des organismes spécialisés en la matière. De concert avec les ressources de première ligne, nous revendiquons la reconnaissance de l'expertise des CALACS sur le terrain. Nous revendiquons aussi que des mesures spécifiques d'aide et de prévention soient mises en place pour enrayer les taux de violence supérieurs à l'égard des personnes en situation de handicap, les communautés de diverses origines et pour agir auprès des personnes LGBT. De plus, en solidarité avec Femmes Autochtones du Québec, nous revendiquons des mesures ciblées pour répondre aux besoins des communautés autochtones, si lourdement stigmatisées par la violence sexuelle.

Les délais d'attente imposés par le gouvernement québécois à l'endroit du fléau de la violence sexuelle nous inquiètent. Pour ce gouvernement, la violence à l'endroit des femmes serait-elle tolérable ? Les femmes et les filles victimes d'agressions sexuelles et d'exploitation sexuelle ont besoin d'aide MAINTENANT !

Les agressions sexuelles, c'est non. Ensemble réagissons !

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