L'annonceur

LA TRIBUNE LIBRE

De la construction d'églises à la construction de salons funéraires

Malgré les efforts que font les vieux catholiques pour entrer en dialogue avec la nouvelle génération, c'est un échec.

Par Lionel Émard, prêtre [17/02/2017]

À l'arrivée des baby-boomers, nous assistions à la construction de nouvelles églises au Québec; au départ des baby-boomers, nous assistons à la construction de salons funéraires.

Si encore, nous assistions au maintien des églises construites avant l'arrivée des baby-boomers, le questionnement serait moins pénible, mais non, on remplace des églises pour des salons funéraires !

Comment comprendre et interpréter cet événement ?

Pas loin de chez-moi, on a remplacé une église par un salon funéraire, et un peu plus loin, sur le terrain adjacent d'une bâtisse qui fut une maison de formation pour futurs prêtres, on bâtit un salon funéraire; ces remplacements et constructions nous disent-ils où s'en va la religion catholique au Québec ? Est-ce qu'elle s'en va au cimetière en passant par le salon funéraire ?

Si encore les baby-boomers se contentaient de conduire au cimetière la religion catholique, on comprendrait et accepterait d'une certaine façon à cause d'un passé trouble de l'Église d'hier, mais est-ce qu'ils n'apportent pas aussi avec eux, dans la tombe, leurs rêves et idéaux de jeunesse chantés dans les boîtes à chansons qui n'existent plus ?

Ce passage de la religion catholique par le salon funéraire est possible car il n'y a pas de pont entre les quelques vieux catholiques restant et la nouvelle génération à qui les baby-boomers, semble-t-il, n'ont pas voulu donner le choix d'être des croyants intelligents ou des incroyants intelligents. Malgré les efforts que font les vieux catholiques pour entrer en dialogue avec la nouvelle génération, c'est un échec, les deux ne parlent pas la même langue et n'ont pas la même culture. La seule consolation qu'ont les vieux catholiques est de dire que l'être humain ne peut pas vivre sans une foi religieuse. Cette idée, est-ce une illusion, une projection ? À observer ce qui se passe maintenant, la question mérite d'être posée.

Quand la cohorte des baby-boomers aura passé par le salon funéraire que restera-t-il pour la nouvelle génération ?

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