L'annonceur

LA TRIBUNE LIBRE

Convoquée à une grande retraite provinciale (paroissiale)

Consultation sur la discrimination systémique et le racisme.

Par Lionel Émard, prêtre [19/10/2017]

Comme cela, le Gouvernement du Québec tient absolument à convoquer la population du Québec à une grande retraite provinciale afin d'entendre les nouveaux prédicateurs inviter la population à confesser qu'il y a de la discrimination systémique et du racisme chez-elle.

En passant, difficile de saisir le sens du mot systémique; ça doit être grave pour qu'on emploie ce mot.

Les plus Anciens se souviennent de cette invitation où le curé de la paroisse invitait les paroissiens et paroissiennes – pour cet événement, il n'y avait pas de discrimination homme/femme – à venir à la retraite annuelle. Chose étonnante, les gens répondaient abondamment, et même avec un certain « empressement ». Pourquoi?

Pourtant, les Anciens auraient dû y aller avec réticence et à reculons. En effet, les prédicateurs de l'époque n'y allaient pas de main morte; on raconte même que certains prédicateurs ingénieux faisaient installer une tombe au milieu de l'église, au début de la retraite, et s'interrogeaient tout haut pour savoir où était rendu tel paroissien ou l'autre à la réputation douteuse après son décès? La méthode était douteuse, mais l'intention était bonne: Convaincre les gens qu'ils étaient des pécheurs et s'ils désiraient être pardonnés, devaient aller se confesser. Il paraîtrait que ça marchait bien, parce que tout ce beau monde, qui était sur le chemin de l'enfer au début de la retraite, était maintenant sur le chemin du ciel à la fin de la retraite.

En sera-t-il ainsi pour cette retraite provinciale, 'baptisée' « Consultation sur la discrimination systémique et le racisme »? Après cette consultation, les gens auront-ils besoin de consulter un psychiatre, un psychanalyste pour prendre conscience qu'ils sont racistes et ce qu'ils devraient faire pour ne plus l'être? J'ai bien peur que oui!

À lire et entendre les médias, le contexte, le moment et la manière dont se déroulera cette consultation font problème. Rappelons-nous la Commission Bouchard/Taylor (2008), elle a connu des dérapages, malgré le professionnalisme des deux coprésidents, mais une chose que tous reconnaissaient, ils étaient indépendants d'esprit, je peux en témoigner, j'ai participé à l'une des rencontres; en sera-t-il ainsi pour la Consultation sur le racisme? Je crains que non, non pas par manque d'honnêteté des responsables, mais à cause de leur statut propre, ils sont membres de la Commission des droits de la personne; juger une personne, un organisme pour une infraction spécifique contre la Charte des droits et liberté est une chose, juger une société en est une autre; la Commission peut apporter son expertise sur la situation, mais peut-elle être à la fois juge et partie ? Quoi faire alors ? Un, reporter cette Consultation plus tard, après les élections, ça sera une époque plus sereine; deux, confier cette Consultation à une ou deux personnes non identifiées spécifiquement à une cause ou l'autre dans la défense des Droits et liberté de la personne.

Le curé qui invitait à la retraite et le prédicateur qui prêchait étaient certes identifiés à une cause et on connaissait leurs intérêts. Tous deux savaient qu'ils devaient y aller avec mesure s'ils désiraient revoir leurs ouailles. À la fin de la Consultation sur la discrimination systémique et le racisme, où sera le Québec ? Sur le chemin de la condamnation ou sur le chemin de l'encouragement pour faire mieux ?

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