L'annonceur

LA TRIBUNE LIBRE

Le droit d'avoir peur

Parce que nous sommes du même pays, nous n'avons plus raison d'avoir peur de l'autre.

Par Lionel Émard, prêtre [06/02/2018]

Les membres de la communauté musulmane qui ont pris la parole ce 29 janvier dernier pour commémorer le premier anniversaire de la tuerie du 29 janvier 2017 ont créé plus de ponts avec les non-musulmans de Québec et du Québec que ne l'a fait ce même soir M. Justin Trudeau, Premier ministre du Canada en prenant la parole.

Les membres de la communauté musulmane n'ont ni levé le poing, ni enfoui leur tête dans le sable ce soir-là, ils ont tendu la main pour qu'on se comprenne mutuellement l'un l'autre. Les membres de la communauté, par leurs paroles de ce soir de commémoration, ont semé dans le coeur de plusieurs le désir de se connaître mutuellement. Ce soir-là, les responsables de la célébration laïque de la commémoration ont désiré que soit chanté « Mon pays, ce n'est pas un pays, c'est l'hiver » de Gilles Vigneault, ils ont montré oh clairement que notre pays, c'est aussi leur pays. Parce que nous sommes du même pays, nous n'avons plus raison d'avoir peur de l'autre.

Les membres de la communauté musulmane n'ont pas craint de parler des peurs, des incompréhensions, des tensions, des refus d'être reconnus, de la part de certaines personnes, voire de certains groupes, organisations ou médias; cependant, ils ont eu la sagesse de dire que ce n'est pas tout le Québec qui est comme cela; ils ont fait mieux, ils ont reconnu, salué et remercié l'élan de sympathie, de solidarité, d'amour que des Québécois et Québécoises avaient manifesté, suite à ce 29 janvier 2017; une personne a même dit: C'est le vrai visage du Québec.

D'entendre cela, nous ne pouvons que nous lever, tendre les mains vers l'autre, pour découvrir les richesses de ces femmes et ces hommes différents de nous extérieurement, mais, oh combien, si semblables de nous intérieurement.

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