L'annonceur

Divergence d'opinions à la MRC de Pierre-De Saurel

Le budget 2019 n'est pas adopté.

Communiqué [30/11/2018]

La séance du Conseil de la MRC du 28 novembre restera historique puisque pour la première fois de son existence, le budget, en préparation depuis des mois par le comité de suivi budgétaire (formé de messieurs Gilles Salvas, Serge Péloquin, Denis Marion, Michel Blanchard et de Vincent Deguise), n'a finalement pas été adopté.

Les conseillers régionaux n'ont pas réussi à s'entendre sur deux éléments. Soumis au vote, les deux conseillers régionaux s'étant prononcés contre, M. Serge Péloquin et M. Sylvain Dupuis, ont eu à eux deux suffisamment de poids (majorité de la population) pour empêcher l'adoption du budget 2019.

Les éléments au coeur de la mésentente sont la hausse de la rémunération en fonction du nombre de comités sur lesquels siègent les élus et l'ajustement pour l'équité salariale externe des employés. Un montant de 35 030$ sur un budget de 13,95 M$. Il est à noter que malgré ces éléments, le budget est en baisse de 20 % par rapport à 2018, et que les quotes-parts des municipalités sont en hausse de seulement 0,45 %, soit bien en deçà de l'inflation estimée à 1,8 %.

Pour instaurer une certaine équité, les conseillers régionaux ont proposé d'ajouter une rémunération de 250$ par année et par comité, représentant pour l'ensemble des conseillers régionaux un montant total de 11 610$. Il y a présentement 29 comités à la MRC, dont certains nécessitent la présence de deux ou trois élus, que se partagent douze conseillers régionaux.

« M. Péloquin pense qu'on veut refiler la facture aux municipalités, mais quand je siège sur un comité régional, j'y siège à titre de représentant officiel de la MRC, ce n'est pas uniquement à mes citoyens de Saint-Robert de payer pour ça. Par ailleurs, si M. Péloquin avait voulu être conséquent, il se serait également opposé à la hausse de salaire du préfet suppléant qui lui revient directement et qu'il a lui-même demandé », explique le préfet de la MRC, M. Gilles Salvas.

« Il compare nos dépenses liées à la rémunération des élus avec celles de la MRC de Marguerite-d'Youville. Après vérifications, si j'étais préfet de cette MRC, et si j'avais le même nombre de comités que j'ai à titre de préfet dans notre MRC, j'aurais un salaire de 40 950$, comparativement à 26 600$ dans Pierre-De Saurel. Si M. Péloquin veut proposer qu'on s'inspire de Marguerite-d'Youville pour le traitement des élus, je serai très heureux de l'appuyer », dit M. Salvas avec ironie! Plus sérieusement, il ajoute : « Évidemment, le résultat de cette comparaison met surtout en évidence que nous ne pouvons pas nécessairement comparer des rémunérations sans tenir compte de plusieurs facteurs, comme celui que cette MRC est localisée plus proche de Montréal que la nôtre. »

L'autre élément polémique concerne l'ajustement pour l'équité salariale externe. Suite à une évaluation menée en 2018 par la Fédération québécoise des municipalités à la demande spécifique du Conseil de la MRC, il s'avère que 3 classes salariales touchant 13 employés sur 20 doivent être revues à la hausse afin que la MRC puisse offrir des salaires qui soient concurrentiels à ceux des autres MRC comparables. Une mesure qui totalise 23 420$, soit seulement 2 % de la masse salariale.

« Notre directeur général siège sur le Chantier d'attraction de la main d'oeuvre, ça serait pertinent qu'en tant qu'employeur nous montrions l'exemple en offrant des salaires compétitifs et attrayants », ajoute M. Salvas.

« Plusieurs conseillers régionaux ont mentionné que c'est vraiment regrettable que pour un montant aussi peu significatif que 35 030$ sur un budget de 13,95 M$ on ne réussisse pas à prendre une décision favorable alors que 10 élus sont en faveur. D'autant plus que la quote-part de Sorel-Tracy est en baisse de près de 70 000$ malgré ces éléments. À la MRC, nous sommes des conseillers régionaux, nous travaillons pour les intérêts de la région et non pas pour des intérêts particuliers, c'est important de le rappeler ! Je suis cependant heureux que ce principe soit clair pour 10 de mes collègues », conclut le préfet de la MRC.

En référence à l'affirmation fréquente du conseiller régional Serge Péloquin à l'effet que sa ville assume 60% de la facture de la MRC, plusieurs conseillers régionaux tiennent à préciser que les critères de répartition utilisés sont toujours appropriés aux types de dépenses. À preuve, les quotes-parts globales de Sorel-Tracy représentent 67,63% alors que sa population équivaut à 68,56% de la population totale de la MRC. La ville-centre paie donc sa juste part !

Face à cette situation, l'adoption du budget 2019 devra être reportée. En attendant, tel que le prévoit le Code municipal, c'est le budget actuel qui se reporte pour les trois premiers mois de l'année 2019. Un contexte qui ne sera pas sans conséquence pour l'administration de l'organisme et pour la région.

Source : Josée-Ann Bergeron

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