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Glissement de terrain : Pierreville à l'heure des choix

La municipalité entend les commentaires des citoyens pour décider laquelle de trois solutions envisagées sera adoptée.

Par François Beaudreau [23/05/2019]

Plus de cinquante citoyens se sont rendus à l'hôtel de ville de Pierreville, le 21 mai dernier, pour assister à une séance de consultation au sujet du glissement de terrain dans le rang de l'Île, pour entendre trois propositions présentées par le maire Éric Descheneaux, accompagné de Marc-André Harnois, ingénieur et coordonnateur du service de génie à la MRC de Nicolet-Yamaska ainsi que Lyne Boisvert, directrice générale à la municipalité de Pierreville.

ÉLOIGNEMENT

La première alternative consiste à reconstruire une partie de la route mais en déplaçant le tracé actuel de 12 mètres vers l'intérieur des terres, tout en s'éloignant d'autant de la zone affaissée. Selon le maire, le gouvernement du Québec financerait ces travaux avec un octroi de 551 000 dollars, ce qui représente les trois-quarts des coûts. Le solde serait assumé par la municipalité.

REMPLISSAGE

Le second choix repose sur le remplissage de la cavité laissée par le glissement de terrain et la réparation de la chaussée actuelle. Le coût estimé de ces travaux est de 400 000 dollars pour lesquels le gouvernement du Québec allouerait une aide financière de 300 000. Cependant, messieurs Descheneaux et Harnois rappellent que, depuis l'éboulis survenu le 5 avril 2016, il y a eu deux autres glissements de moindre importance à proximité, successivement en 2017 et en 2018. Il faudrait remplir au moins un autre de ces affaissements, si la deuxième option était retenue. Dans ce cas, la municipalité devrait assumer les coûts supplémentaires à elle seule puisque Québec n'apporterait son soutien financier que pour le remplissage du premier trou. « Le ministère des Transports paie seulement 300 000 dollars pour remplir le premier trou. Le reste serait à la charge de la municipalité », précise Éric Descheneaux.

RELOCALISATION

En troisième lieu, Pierreville propose de relocaliser une partie du rang de l'Île à l'intérieur des terres avec la construction d'un nouveau tronçon de route sur une distance d'environ trois kilomètres. « Une solution à long terme », lance le maire. D'après l'estimé préliminaire du coût des travaux, il faut prévoir un million de dollars, plus les taxes applicables. Sauf qu'en ce moment, aucun financement de la part du gouvernement du Québec n'est prévu dans ce cas. Le maire de Pierreville souligne qu'il faudrait entreprendre des démarches auprès du ministère des Transports pour obtenir des subventions, afin de défrayer une partie des coûts. M. Descheneaux espère que Pierreville obtienne une aide financière de 551 000 dollars qui serait allouée par le ministère pour la première option.

Suite à la présentation, les citoyens présents sont invités à exprimer leurs idées. Certains ont proposé des solutions de rechange, comme l'installation de palplanches tandis que d'autres, dont les propriétés sont touchées par les scénarios envisagés par la municipalité, se sont prononcés en faveur de la seconde option, soit le remplissage de la cavité actuelle, rejetant les deux autres propositions. L'atmosphère était parfois tendue pendant les échanges.

Les commentaires exprimés ont été notés par la directrice générale. Le Conseil municipal en tiendra compte dans ses délibérations avant de prendre une décision quant à l'option choisie.

PRISE DE POSITION

Notons que pendant la rencontre, le conseiller Steve Desmarais, présent dans l'assistance, a pris ouvertement position pour la seconde solution proposée par la municipalité, soit le remplissage du trou causé par l'éboulis.

« J'écoute ceux qui sont concernés. Il faut remplir les trous, comme le suggère le ministère. Quand c'est bien exécuté, après, ça ne bouge plus, c'est sécuritaire », réitère-t-il à L'annonceur, après la rencontre. M. Desmarais assure qu'il va défendre cette alternative dans les délibérations futures du conseil.

Rappelons que l'éboulement, survenu le 5 avril 2016, a emporté une partie de la chaussée longeant la rivière Saint-François. Des travaux de réparations ont été entrepris deux ans plus tard afin de stabiliser la berge à cet endroit.

Or, le 24 octobre 2018, une pelle mécanique qui servait à préparer l'emplacement pour l'enrochement du talus, a glissé le long de la pente abrupte menant à la rivière Saint-François. L'incident a causé un deuxième glissement de terrain.

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