L'annonceur

SPORTS

L'expression gérant d'estrade perdra tout son sens pour un certain temps

Bien sûr, on retournera aux stades graduellement.

AgassiAndre Agassi au Masters de tennis de Montréal, le 10 août 2005.
PHOTO ALAIN DUBOIS

Par Alain Dubois [18/06/2020]

Quand aurons-nous l'occasion d'assister à de grands événements sportifs ? Qu'ils se tiennent aussi bien dans les stades extérieurs qu'en enceinte intérieure, bien malin est celui qui pourra nous donner une date de retour à la normale.

On en est encore aux négociations des débuts ou reprises des saisons de sports d'équipes professionnelles. Pour les sports individuels, l'avancement dans les programmes semble se dérouler plus rapidement, mais certains professionnels hésitent à voyager et s'isoler pendant plusieurs semaines loin des leurs. Alors pour les amateurs qui aiment bien se rendre en groupe au stade, que ce soit en voiture ou en autobus, avec les mesures sanitaires mises en place, il leur faudra s'armer de patience pour revivre ces escapades sportives.

Toutes ces anecdotes qu'on accumule lorsqu'on se rend assister aux matchs, courses et autres événements sportifs, eh bien nous devrons nous en passer pour quelque temps.

Assister à un événement unique et vivre des moments inusités

Lorsqu'on se rend aux stades, amphithéâtres et autres lieux de rencontres sportives, il nous arrive parfois d'assister à des événements marquants et uniques. Pour ma part, j'étais présent lorsque Darryl Strawberry a frappé un coup de circuit qui a atteint l'anneau technique du Stade olympique. Quelques jours plus tard, les autorités locales ont dû sortir les rouleaux et peinturer des lignes de démarcation sur ledit anneau pour aider les arbitres dans leurs décisions. J'ai eu également la chance d'assister au dernier match de tennis du grand Andre Agassi sur le terrain du Parc Jarry. Enfin ce moment où Tiger Woods frappe une balle qui reste emprisonnée dans un arbre... alors que la folie s'empare des amateurs qui secouent l'arbre et lancent leurs chaussures pour faire tomber la balle, étant resté assis à l'écart, j'ai eu l'opportunité de saluer le joueur de l'heure d'un petit signe de tête alors qu'il est passé devant moi et qu'il retournait au tertre de départ.

Et que dire de cette journée où, après avoir fait une randonnée d'une centaine de kilomètres à vélo pour me rendre voir un match des Expos, affalé sur les sièges de la section 'admission populaire' parmi quelques rares partisans qui avaient daigné se rendre au stade par un si beau samedi ensoleillé, je prenais tranquillement un bain de soleil pendant que les joueurs s'occupaient à leur routine d'entre manches. Soudain j'entends un bruit de klaxon. Je me relève la tête et je me suis fait apostropher par Youpi qui m'enguirlande par de grands gestes. Après quelques échanges de la sorte, me voilà l'initiateur d'une vague qui réussira à faire quelques tours entiers après une dizaine d'essais infructueux.

En parlant de vague, alors qu'on était allé assister au troisième match de la dernière Coupe Stanley du Canadien qui était présenté à Los Angeles, pour à peine deux dollars on a pu visionner la partie sur un écran géant placé sur le tableau indicateur au centre de la glace du Forum de Montréal. Assis sur la patinoire, cette vague qui tournait autour de nous était vraiment étourdissante. Au fait, si quelqu'un rencontre Julie Snyder, prière de lui dire qu'elle me doit une bière suite à la mise en échec qu'elle m'a assénée alors qu'elle sortait en courant de la patinoire.

Il y a l'événement bien sûr, mais c'est loin d'être toute l'expérience

Mais au-delà du plat de résistance, les voyages et autres moments qui précèdent ou suivent les événements amènent leur part d'anecdotes et faits cocasses qu'on se rappelle pour la vie. Comme ces rencontres avec des partisans d'un peu partout lors des 'Tailgate party' avant les matchs de football, les coups de fil, lorsque tu es à l'étranger, pour t'offrir un quart de travail d'huileur pendant que tu entres dans le Lincoln Tunnel ou encore celui d'un policier new-yorkais à qui s'est adressé un Jean 'Kid' Ally qui s'était perdu à la sortie du stade, ou encore pendant qu'on cherche notre chemin, entendre ce même Kid dire à l'animateur bien connu du Téléjounal Pierre Nadeau : 'Il me semble qu'on se connaît nous deux'.

Bien sûr, on retournera aux stades graduellement. Seulement on est encore loin des ambiances et bruits de foules survoltées. En attendant, il faudra bien se contenter d'un rôle de gérant de sofa.

ÉDITIONS EN FORMAT PDF

CHRONIQUE LIVRES

BOTTIN AFFAIRES