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Pour la protection du garde-manger québécois

Les producteurs du Centre-du-Québec se mobilisent contre les pressions croissantes sur les terres et les activités agricoles.

HabelDaniel Habel, président de la Fédération de l'UPA du Centre-du-Québec, Christine Schmucki, présidente du Groupe de la Relève agricole du Centre-du-Québec et Martin Caron, président général de l'Union des producteurs agricoles.
PHOTO GRACIEUSETÉ

Par François Beaudreau [24/08/2023]

Lors d'une conférence de presse tenue le mercredi 23 août 2023 à Sainte-Brigitte-des-Saults, la Fédération l'UPA du Centre-du-Québec a pris position avec force face aux pressions croissantes auxquelles sont confrontés les producteurs agricoles de la région.

Le cœur du problème réside dans les défis croissants posés par de nombreux projets de développement, soutenus par les décideurs politiques à tous les niveaux et qui se retrouvent dans les zones agricoles. Avec l'augmentation constante de la population mondiale, qui dépasse désormais les 8 milliards, le secteur agricole est confronté à la fois aux impacts du changement climatique et au poids des tensions géopolitiques.

« On assiste non seulement à la perte de nos terres agricoles par les changements de vocation du territoire, mais également à la réduction de nos activités à l'intérieur même des territoires qui sont dédiées à l'agriculture. Nos producteurs sont inquiets quant à l'importance des prochaines pertes et je le suis tout autant. On ne peut plus rester là à ne rien faire », signale Daniel Habel, président de la Fédération de l'UPA du Centre-du-Québec.

DIMINUTION DES TERRES ET ACTIVITÉS MENACÉES

Des statistiques surprenantes révèlent la gravité de la situation. Depuis 1988, le Centre-du-Québec a connu une perte nette de 730,6 hectares de terres agricoles, soit une superficie équivalente à 1 460 terrains de football.

De plus, plusieurs événements imminents alimentent encore davantage les inquiétudes du milieu agricole, comme le développement de la Filière batterie à Bécancour qui ajoute à la pression sur le développement résidentiel, l'augmentation de la production d'énergie éolienne dans la région centricoise et l'actuelle consultation nationale sur le territoire et les activités agricoles.

LES DÉFIS IMMINENTS POUR LA NOUVELLE GÉNÉRATION

Les producteurs agricoles se battent également pour assurer l'avenir. La valeur commerciale des terres agricoles du Centre-du-Québec a bondi en moyenne de 9 % annuellement au cours de la dernière décennie, selon Financement agricole Canada. Cette tendance oblige les agriculteurs à accumuler des dettes plus élevées pour acquérir des terres de plus en plus rares. L'avenir du secteur dépend de la capacité de la jeune génération à accéder aux terres agricoles et à les utiliser de manière durable.

« Le principal enjeu pour la relève est l'accès aux terres. C'est une difficulté financière, mais également de disponibilité. L'aspirant-relève veut poursuivre l'activité agricole sur le territoire. Il souhaite que quelqu'un lui donne une opportunité d'affaires agricole prospère et dynamique dans le temps », affirmae Christine Schmucki, présidente du Groupe de la Relève agricole du Centre-du-Québec (GRACQ).

Rappelons que la région du Centre-du-Québec abrite à elle-seule 10,2 % des terres cultivées au Québec. La région génère un PIB de 1,05 milliard de dollars pour l'industrie bioalimentaire.

Légende photo : Daniel Habel, président de la Fédération de l'UPA du Centre-du-Québec, Christine Schmucki, présidente du Groupe de la Relève agricole du Centre-du-Québec et Martin Caron, président général de l'Union des producteurs agricoles.

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